La structure d'une chaussure enfant

LA TIGE

LA TIGE est un ensemble de levées de peaux assemblées par des coutures, formant la partie supérieure de la chaussure.

La tige sera ensuite montée sur une forme et collée ou cousue à une semelle. Le confort du pied sera amélioré au contact d’une doublure en peau de chèvre  ou de porc naturel plutôt que d’une croûte pelliculée ou d’un tissu acrylique vendu sous l’appellation doublure textile.

Un molleton du haut des quartiers évite de traumatiser les parties sensibles du quart inférieur de la jambe : le tendon d’Achilles en arrière et la face antéro-interne du tibia qui est directement sous-cutané à ce niveau. Le molleton sous la languette permet aussi d’amortir l’effet du serrage sur le cou-de-pied.

La hauteur de tige : Pour les enfants, il est conseillé de porter des chaussures de préférence avec des quartiers assez hauts ( bottillon), recouvrant et protégeant les reliefs malléolaires avec un bon contrefort se prolongeant assez loin vers l’avant pour bien maintenir le pied au niveau de la cambrure dans l’axe de la jambe. Dans tous les cas, il ne doit pas avoir de vide entre le talon et les parties latérales du soulier ( les quartiers), ce qui implique une bonne découpe des quartiers et un système de serrage efficace.

Physiologiquement, la malléole externe du péroné est plus basse que la malléole interne du tibia. Néanmoins, sa hauteur par rapport au sol est variable d’un individu à l’autre tout comme la longueur des orteils. Les quartiers d’une chaussure basse sont placés à une hauteur moyenne qui ne convient pas à certaines exceptions.

Le quartier extérieur peut être un peu trop haut. Le millimètre en trop à ce niveau peut alors générer une douleur insupportable. A chaque essayage, il est recommandé de vérifier que le haut du quartier extérieur ne vient pas heurter la malléole externe.      

LE BOUT DUR, LE CONTREFORT ET LA CAMBRURE

LE BOUT DUR est un renfort placé au bout de la chaussure, entre la peausserie et la doublure. Il est destiné à protéger les orteils des chocs et à éviter les déformations de la chaussure pour que le pied puisse s’allonger pendant la marche. Il crée un espace qui permet le décollement des orteils et qui, en cas de choc, évite les traumatismes. Les fabricants utilisent parfois un bout dur apparent en gomme pour renforcer le bout. En effet, les bouts des chaussures sont très sollicités durant l’apprentissage de la marche et dans les jeux.

LE CONTREFORT est un renfort semi-rigide placé à l’arrière de la chaussure, entre peausserie et doublure. Il empêche le pied de dévier en le maintenant dans l’axe de la marche et permet d’éviter que la tige ne s’affaisse. Le contrefort part avant le talon côté extérieur et vient mourir en bas de la cambrure. 

LA CAMBRURE : Une légère cambrure renforcée est nécessaire pour que la semelle suive le mouvement du pied dans son déroulement et aussi éviter que la chaussure ne se torde. Avec une cambrure sans renfort, la semelle ne suit pas le mouvement d’impulsion du pied. Elle se plie en cambrure et la tige s’ouvre anormalement sur les côtés (baille). La chaussure devient alors contraignant à la marche. Une cambrure renforcée permet au pli de la marche de coïncider avec la pliure de la semelle qui fait bloc avec le pied. En effet, l’arrière de la chaussure suit naturellement le mouvement impulsé par le pied. Cela facilite sa propulsion vers l’avant. Le renfort de cambrure est une matière cartonnée rigide collée sous la première qui recouvre le talon jusqu’à deux centimètres de la ligne de flanc ( ligne virtuelle qui rejoint les deux extrémités latérales de la semelle, située au niveau de l’articulation des orteils avec le métartarse).

LA PREMIERE,LA PREMIERE DE PROPRETE, LA SEMELLE

LA PREMIERE est une découpe de cuir, de synderme ou de matières diverses sur laquelle le pied repose dans la chaussure. La première en cuir procure une sensation de confort toujours inégalée aujourd’hui. A l’usage, l’empreinte du pied s’imprimera à sa surface. Elle absorbera l’humidité dégagée par la transpiration. La première synderme prendra moins profondément l’empreinte du pied et absorbera correctement l’humidité de la transpiration si elle est recouverte d’une peausserie naturelle. La première synderme, synthétique ou en gomme recouverte de mousse épaisse et d’une peausserie naturelle ou pelliculée, perforée ou non, ne prend pas l’empreinte du pied et n’absorbe aucune humidité. Par ailleurs, la grande élasticité de ce genre de matériau absorbe l’effort donné par la dynamique de la marche et ne permet pas un fonctionnement normal des muscles du pied.

 

LA PREMIERE DE PROPRETE recouvre la première. On utilise dans le meilleur des cas une peausserie pleine fleur, le plus souvent une croûte de cuir pelliculée (fausse fleur), un tissu enduit ou une matière de synthèse. Les mousse synthétiques censées apporter confort et maintien ont surtout la propriété d’échauffer le pied.

 

LA SEMELLE : Aujourd'hui, le choix d’une semelle en gomme chez l’enfant peut se justifier par ses nombreux avantages. On choisira une gomme bien ferme pour assurer une bonne statique du pied en appui et lui donner une bonne dynamique par son élasticité. Sa surface doit comporter des reliefs pour éviter les glissades par temps de pluie. Plus étanches que les semelles en cuir, elles protégeront mieux les pieds de l’humidité et s’avéreront plus résistantes chez les jeunes souvent hyperactifs.

 (Source : Chausser l’enfant de Jean-Jacques Ficat et Alain Madec)